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histoire du belem

1980 à nos jours, le trois-mâts école français Belem

Après son arrivée triomphale à Brest le 17 septembre 1979, le Belem est remorqué au fond de la Penfeld dans l’attente de son nouveau destin.

Pour assurer l’avenir du bateau, une fondation est créée en mars 1980. Elle est alors présidée par Jérôme Pichard, délégué général de l’Union Nationale des Caisses d’épargne de France (UNCEF). Ses administrateurs seront recrutés parmi les différents organismes prêts à contribuer à la sauvegarde du bateau (UNCEF, Ministères, Marine nationale, etc.).

L’UNCEF fait don du voilier racheté à Venise à la nouvelle Fondation.

La Marine nationale, qui avait envoyé une mission technique à Venise et qui avait assuré le retour du bateau à Brest, aurait aimé compléter sa flotte de vieux voiliers (les goélettes l’Étoile et la Belle Poule, le cotre le Mutin) par une unité de prestige comme le Belem. Le voilier aurait alors été mis à la disposition des Caisses d’épargne les mois d’été pour y accueillir des stagiaires civils. Mais les premiers chiffrages des travaux à prévoir, près de 6 millions de francs, dépassent de loin ce qu’elle avait prévu d’investir. Sans renoncer à sa participation à la Fondation, la Royale doit se résoudre à y occuper un rôle plus modeste. (Elle participera longtemps à la constitution de son équipage en y affectant deux matelots issus du Service national. La fin du service militaire mettra fin à cette pratique.)

La Fondation fait le courageux choix de faire renaviguer le Belem plutôt que de le transformer en bateau musée définitivement à quai, choix risqué et onéreux dont tout le monde se félicite aujourd’hui.

Un long travail d’expertise est commencé et ne s’achèvera qu’en février 1981 lorsque le programme des travaux à réaliser sera établi.

Le Belem en radoub.

La Marine nationale met à disposition une cale de radoub dans l’Arsenal. Les premiers travaux commenceront le 5 mai 1981, sous la direction de Jean Randier, le célèbre spécialiste français des grands voiliers, avec les hommes des Ateliers de La Perrière.

On procède au démâtage, au remplacement de tôles, au changement du lest (3800 gueuses de fonte et trente tonnes de béton à la proue qu’il faut attaquer au marteau-piqueur).

Coque du Belem.

Après 4 mois, il est décidé de transférer le bateau à Paris où le chantier de restauration serait poursuivi. C’est une opération de communication qui est destinée à sensibiliser le grand public et surtout à courtiser les autorités publiques qui pourraient débloquer les fonds nécessaires à l’achèvement du projet.

C’est donc le 8 septembre 1981 que le Belem, remorqué par l’Efficace, entreprend son voyage vers la capitale. Il s’amarre quai de Suffren, au pied de la tour Eiffel, le 14 septembre. Les mâts arriveront peu de temps après, par le train.

C’est immédiatement un succès, la presse est au rendez-vous et les parisiens se pressent le week-end pour découvrir le Belem. En semaine, ce sont les touristes et les classes d’école…

Un petit musée est aménagé dans l’entrepont. Et les travaux continuent dans ce chantier ouvert au public : cloisonnement et portes étanches, circuit d’eau pour la lutte contre l’incendie, révision du gréement, calfatage, etc. Il faut que le bateau réponde aux normes de sécurité exigées par la Marine marchande et le bureau Véritas afin qu’il puisse renaviguer.

Le bateau restera à Paris quatre années et accueillera près d’un demi-million de visiteurs. Des bénévoles passionnés, comme par exemple un chauffeur de taxi dont on reparlera, viendront aider aux travaux.

Des descentes vers l’entrepont sont créées de chaque bord.

Une inesthétique mais indispensable timonerie est construite sur la dunette (elle remplace la timonerie italienne du spardeck du temps où le bateau était gréé en trois-mâts goélette, timonerie qui avait était supprimée par le chantier de Venise lors du rétablissement du gréement trois-mâts barque). Il faudra pour cela déplacer vers l’arrière la claire-voie avec ses deux bancs, l’un des rares témoins sur le pont de l’état originel du bateau en 1896.

Pose d'une vergue.

En 1985, le Belem rejoint sont port d’attache, Nantes.

Jean Randier est le premier commandant du Belem. Il choisit comme bosco l’un des bénévoles du chantier parisien, Daniel Jéhanno.

En 1986, le bateau peut enfin faire un grand voyage : une traversée de l’Atlantique vers la ville de New York, à l’occasion des fêtes du centenaire de la statue de la Liberté et des manifestations de l’Op’Sail.

1987 fut sa première saison d’exploitation en navire-école.

Depuis, le bateau accueille neuf mois sur douze des stagiaires curieux de découvrir la manœuvre de cette cathédrale de toile et la vie à bord d’un grand voilier. Et il donne l’occasion à un large public de rêver un peu.

La gestion de l’entretien du navire, de l’équipage et de l’avitaillement est confiée, sous contrôle de la Fondation, à la Société Morbihannaise et Nantaise de Navigation.

En 1989, il participe aux Voiles de la Liberté à Rouen.

En 1996, le Belem fête son centenaire.

Mars 2001. La Société Morbihannaise et Nantaise de Navigation, filiale de la Compagnie Nationale de Navigation, est séparée en deux entités : la Compagnie Maritime Nantaise et la Société Morbihannaise de Navigation. La Morbihannaise de Navigation s’occupe du trafic passagers (liaisons avec les îles de Groix, Houat, Hoédic, Belle-Île), les autres navires (transport maritime industriel) vont à la Nantaise, y compris la fonction d’armement du Belem.

En 2002, le Belem retrouve sa première destination de 1896, Belém, la ville du Brésil qui lui a donné son nom. Il fait également escale en Martinique pour le centenaire de l’éruption de la montage Pelée, puis aux Bermudes et aux Açores. C’est son second voyage transatlantique (après New-York) depuis son retour en France.

2002 est aussi l’année qui voit le départ à la retraite de Daniel Jéhanno, le célèbre et très apprécié bosco du Belem, qui a consacré 20 ans de sa vie au navire.

Juin 2002. La Fondation Belem acquiert le statut d’armateur du navire.

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