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01/10/2002 - Abordage au large de Groix

Mardi 1 octobre 2002, 11 h 00 :
Suite à une collision dans la nuit avec un chalutier franco-espagnol dans le nord-ouest de Groix, le Belem a dû rentrer sur Lorient. Le Belem naviguait sous voiles. Dans un premier temps, le chalutier aurait pris la fuite. Une fois identifié, il a été enjoint par une vedette des Affaires maritimes à regagner Lorient. Les sept membres d’équipages, des Français et des Espagnols, sont interrogés par les gendarmes maritimes.
Un témoin sur place à Lorient nous décrit l’avarie : “Le Belem est devant le frigo. Il y a un trou de 40 x 30 cm babord avant, coque un peu enfoncée à 1,5 m de la flottaison ! Plein de monde autour : équipage, assureurs, flics”. Le beaupré serait également endommagé. L’équipage attend l’autorisation de repartir sur Saint-Nazaire. Précisions à suivre…

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Dépêche AFP :

Mardi 1 octobre 2002, 16 h 00

Le trois-mâts Belem entré en collision avec un chalutier franco-espagnol.

LORIENT (AFP) - Le trois-mâts Belem, dernier survivant français des grands voiliers marchands, est entré en collision lundi soir avec un chalutier immatriculé à Bayonne au nord-ouest de l’Ile de Groix (Morbihan).

L’accident n’a fait aucun blessé.

Vers 22 h 30 lundi soir, le Belem a fait savoir au Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage qu’un chalutier l’avait percuté à l’avant, provoquant des dégâts matériels qui ne mettaient pas en danger la flottabilité de l’embarcation mais supposaient un retour au moteur au port de Lorient (Morbihan).

Le Thetys [orthographe exacte Tethys], qui a pris la fuite dans un premier temps, a été rapidement identifié puis enjoint par une navette des Affaires maritimes et le CROSS Etel de rejoindre également le port de Lorient (Morbihan). Il souffre également de dégâts matériels sans incidence sur la flottabilité à l’avant.

Son équipage, composé de 7 personnes, des Espagnols et des Français, était toujours interrogé à 15 h 30 mardi par les gendarmes maritimes, a-t-on appris auprès de ces derniers. L’équipage du Belem, ainsi que les témoins de la scène étaient également en cours d’audition.

Selon les gendarmes, rien ne permet encore de dire qui était en faute, l’accrochage relevant “d’un accident de la circulation”.

Le Belem avait quitté Lorient lundi matin avec 16 membres d’équipage et 45 passagers à bord pour un stage de quatre jours d’initiation à la navigation à la voile.

Le bateau, qui souffre d’un enfoncement de la coque, est rentré vers minuit au port de Lorient où il se trouvait toujours mardi après-midi. Les passagers étaient toujours à bord, selon les gendarmes maritimes.

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Informations sur le chalutier le Tethys :
Tethys BA 266207 ; 24 ; 1974 ; ateliers du Bastion ; Chalutier pélagique ; Tethys ; Ex de LS. [source Le Sextan].

Chalutier qui s’est déjà illustré dans l’actualité maritime en 2001 :

Gure Lana et Tethys - 13 février 2001
Le patrouilleur des affaires maritimes Iris procède le 13 février, dans le sud de la chaussée de Sein, au contrôle de deux navires de pêche franco-espagnols immatriculés à Bayonne. Un procès-verbal pour pêche en zone interdite est dressé à l’encontre des navires qui sont déroutés vers Brest où le produit de leur pêche est saisi.
[Source Marine Nationale].

Gure Lana et Tethys - 15 février 2001
Deux chalutiers franco-espagnols arraisonnés au sud d’Armen.

Deux chalutiers pélagiques franco-espagnols ont été arraisonnés jeudi vers 16 h 30 par le patrouilleur des Affaires maritimes “Iris”, commandé par Lucien Fanton assisté de Patrick Desson. Au moment des faits, les deux bateaux fautifs pêchaient à quelques milles au sud d’Armen, c’est-à-dire dans le suroît de l’île de Sein. Cette zone de pêche leur est strictement interdite.

Les deux chalutiers ont été arraisonnés dans une zone de pêche qui leur est strictement interdite. Les 24 tonnes de pêche réalisées par le “Gure-Lana” et du “Téthys” ont été vendues hier matin aux enchères à Brest.

Ce secteur qui dépend des eaux territoriales françaises n’est, en effet, ouvert qu’à des plus petits bateaux, non pélagiques, jaugeant moins de 50 tonneaux et d’une puissance motrice inférieure à 450 chevaux. Les deux bateaux concernés dépassaient largement ces chiffres limites…

Immatriculés à Bayonne.
Les deux bateaux coupables, qui pêchaient de concert selon la technique des bœufs, lors de leur arraisonnement, sont immatriculés à Bayonne. Commandés par deux patrons français, ils naviguent avec des équipages mixtes franco-espagnols de sept à huit personnes. Ils appartiennent à des sociétés franco-ibériques de droit français mais aux capitaux majoritairement basques espagnols.
Le “Gure-Lana”, construit en 1969, affiche une jauge de 134 tonneaux et une puissance de 700 chevaux pour une longueur de 25,20 m. Il appartient à la société Lazlar dont les bureaux français sont implantés à Hendaye.
Le “Téthys”, lancé en 1974, est un peu plus petit : 100 tonneaux, 600 chevaux et 24 m. Il est la propriété de l’armement “Téthys et Primauguet” qui possède également pignon sur rue à Hendaye.

24 tonnes à bord.
Les deux unités arraisonnées ont été ramenées à Brest, hier matin, sous l’escorte de l’ “Iris”.
Leurs pêches ont été saisies et vendues aux enchères à Brest. Elles étaient plutôt bonnes. A bord se trouvaient, globalement, 24 tonnes de poissons : 15,5 tonnes de chinchard, un poisson peu goûté par les Français mais très recherché par les Espagnols, 1,5 tonne de bar et six à sept tonnes de dorade. La recette de cette vente est, pour le moment, retenue par les autorités françaises.
Les patrons du “Gure-Lana” et du “Téthys” et les armateurs des deux bateaux devront prochainement s’expliquer devant la justice française pour infraction à la réglementation des pêches. Délinquants primaires en la matière, ils risquent de fortes amendes. Les bateaux ont été autorisés à repartir en mer après avoir débarqué la totalité de leur pêche…
[Source Le Télégramme].

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Photographies de Marie Belzic, le Belem de retour à Lorient :
Mardi 1 octobre 2002.

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Article Ouest-France :

Mercredi 2 octobre 2002
Le Belem éperonné par un chalutier.

Lundi soir, vers 22 h 30, le trois-mâts Belem a été éperonné par un chalutier basque, au large de Lorient. Aucun blessé n’est à déplorer.

LORIENT. Pour 45 stagiaires embarqués à bord du Belem, la croisière s’est interrompue, mardi matin, au port de commerce de Lorient. Tous ont mis sac à terre prématurément, après l’avarie subie la veille vers 22 h 30. Le navire-école civil, commandé par Jean-Pierre Bouin, avec 16 hommes d’équipage, avait quitté le port morbihannais lundi matin et faisait route vers Nantes, toutes voiles dehors.

À dix milles (18 km) au nord-ouest de l’île de Groix, il a été éperonné par le chalutier basque Thetys [orthographe exacte Tethys], immatriculé à Bayonne et qui faisait route vers sa zone de pêche. Selon les premiers éléments de l’enquête, un défaut de veille à la passerelle du bateau de pêche est à l’origine de la collision. Violente, celle-ci a endommagé les deux navires sur leur coque tribord [babord pour le Belem], mais sans mettre en péril les équipages. Le Thétys ne s’est pas arrêté après l’accident. « Nous avons réussi à l’identifier, grâce à la vigie de Port-Louis qui nous a signalé la sortie du bateau du port de Lorient dans la soirée », indique l’officier de permanence du Crossa Étel.

La vedette des Affaires maritimes Iris a été envoyée sur place et a escorté le Thetys et ses sept marins jusqu’à Lorient où le Belem est également rentré lundi, vers minuit. Tout l’après-midi d’hier a été consacré aux auditions des équipages des deux navires. “On déterminera, ce mardi, s’il y a lieu d’ouvrir ou non une enquête nautique”, a indiqué la gendarmerie maritime chargée d’entendre les témoins de l’accident.

C’était aussi l’heure de faire le bilan des dégâts. Pierre Chevalier, ingénieur chargé de l’entretien du Belem, commente : “Disons que le voilier est costaud. Mais sa coque présente sur tribord une échancrure de 4 m de long sur 2 m de haut. Les tôles ont été déchirées. Une réparation provisoire va être effectuée, afin de pouvoir rejoindre Nantes, vendredi, par la mer. Le voilier rentrera en chantier à la mi-novembre pour une réparation définitive.” Du côté du chalutier, tout l’avant tribord a été défoncé, le support d’antenne arraché. Des équipes étaient déjà à bord pour réparer.

Françoise ROSSI. [Source Ouest France].

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Article Télégramme de Brest :

Mercredi 2 octobre 2002
Belem, abordage dans la nuit.

Lundi soir, vers 22 h 30, le Belem faisait des manœuvres, toutes voiles dehors et les feux allumés au nord-ouest de Groix. C’est alors qu’un chalutier franco-espagnol, le Thétys [orthographe exacte Tethys], immatriculé à Bayonne, l’a violemment heurté sur bâbord, percutant le voilier au-dessus de la ligne de flottaison, au niveau de l’avant gauche et y laissant une déchirure d’environ 20 cm de haut et de large.

Le chalutier rattrapé.
Il a ensuite raclé la coque puis est passé sous le beaupré (bout-dehors avant) du Belem… avant de poursuivre sa route.
Le voilier a averti le CROSSA pour lui signaler l’avarie, en précisant que les dégâts matériels l’obligeaient à faire route au moteur sur le port de Lorient.
Le chalutier a quant à lui été identifié et rattrapé par une vedette des Affaires maritimes avant de rejoindre le port de Lorient. Le Thétys a lui aussi subi des avaries. Son bastingage avant droit a été déformé et le choc a cassé un étai notamment.
Les sept personnes composant l’équipage franco-espagnol étaient interrogées, hier après-midi, par les gendarmes maritimes du port lorientais, afin de connaître les circonstances de l’accident. Selon les résultats de l’enquête, l’administrateur des Affaires maritimes, M. Cellier, annoncera ce matin, la nature des suites judiciaires.
L’armateur du Belem a annoncé que quelques jours de travaux seront nécessaires, mais que le voilier serait de retour à Nantes, comme prévu, le 8 octobre.
Valérie Tabary.

“Il a continué sa route, droit sur nous !”
“Le Belem, c’est un mythe. Quand on le voit comme cela, ça fait mal au cœur !”. Ces deux stagiaires du trois-mâts ont encore du mal à réaliser ce qu’ils ont vécu la veille. “On était à la voile. On faisait des lofs, il n’y avait pas beaucoup de vent. Dix minutes avant la collision, j’ai vu arriver ces deux chalutiers, le Thetys et son homologue, le Gure Lana. Ils faisaient route droit sur nous, par le côté. On les a d’abord avertis en faisant des signaux avec la grosse lampe. Ensuite, on a éclairé les voiles, pour montrer qu’on n’était pas manœuvrant. Puis on a actionné par trois fois la corne de brume. Mais toujours rien, le Thetys a continué sa route, droit sur nous !”
“Au dernier moment, le Belem a changé de cap pour que la collision porte sur l’avant du voilier et non le milieu, parce que là, on aurait eu de gros dégâts. Et puis le choc a eu lieu, très violent. Le Thétys a percuté la coque et l’a trouée, ensuite il a glissé vers l’avant. Il est passé sous le beaupré, ce qui a notamment cassé son étai de mât. Et puis il a filé…” Avant de reprendre la route de l’Est, les deux stagiaires ont fait un petit détour par le port de pêche, histoire de prendre quelques photos-souvenirs du chalutier…

[Source Le Télégramme].

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Dépêche AFP :

Jeudi 3 octobre 2002, 9 h 02
Le Belem ne pourra pas naviguer sous voile à bref délai.

LORIENT (AFP) - Le trois-mâts Belem, dernier survivant français des grands voiliers marchands, ne pourra pas, à bref délai, naviguer sous voile à cause des dommages causés à sa mâture par un thonier qui l’a éperonné lundi soir au nord-ouest de l’Ile de Groix (Morbihan).

Le thonier de 24 mètres immatriculé à Bayonne allait sous pilote automatique vers le sud-ouest de la pointe de Bretagne. Il a abordé le Belem par bâbord avant, lui causant un enfoncement de cinq membrures, une déchirure de la coque ainsi qu’une torsion de câbles.

Si la déchirure de 30 à 40 centimètres située au dessus de la ligne de flottaison ne met pas en cause la flottabilité du Belem, les dommages causés à la mâture vont l’empêcher de naviguer sous voile, expliquait mercredi le commandant de bord, Jean-Pierre Boin.

Mercredi en milieu de journée, le légendaire bâtiment appareillait à l’arsenal militaire de Lorient où il devait subir les premières réparations qui vont lui permettre de reprendre la mer le 5 octobre en direction de Nantes où il est attendu pour une exploitation à quai. Les stagiaires ne pourront y remonter qu’à partir du mois d’avril 2003.

Le personnel de bord se réjouissait que la collision n’ait pas fait de victimes. “C’est pour nous l’essentiel, autrement on ne sortirait jamais des angoisses”, a affirmé Jean-Pierre Boin qui “soupçonne” le Téthys d’avoir voulu prendre la fuite après l’avoir éperonné.

Le Belem avait quitté Lorient lundi matin avec 16 membres d’équipage et 45 passagers à bord pour un stage de quatre jours d’initiation à la navigation à voile. L’accident s’est produit vers 22h15 alors que le Belem allait à une vitesse de O,5 noeud poussé par une “petite brise du sud-ouest”.

“Nous étions en position de navire privilégié (ndlr, l’équivalent de la priorité en route). Quand j’ai vu le bateau venir vers nous j’ai éclairé notre voilure et j’ai tenté d’attirer son attention avec des coups de projecteurs puis avec des coups de sifflet”, raconte-t-il.

“J’ai refait l’opération une seconde fois, mais je n’ai malheureusement pas réussi à le faire réagir et à l’empêcher de nous rentrer dedans. Il ne s’est arrêté qu’à un mille nautique (1.850 mètres) de nous”, accuse le commandant.

Le Téthys a été ensuite enjoint par une navette des Affaires maritimes présente sur zone de rejoindre le port de Lorient.

Y a t-il eu délit de fuite? En l’absence du patron du Téthys convoqué à la gendarmerie pour enquête mercredi après-midi, un de ses marins assure que non.

“Si on ne s’est pas arrêté sur le champ, c’est tout simplement parce qu’on ne pouvait pas le faire”, se défend-il en affirmant aussi ne pas avoir perçu les signaux d’alerte du Belem.

“Mais nous avons eu la malchance de tomber sur ce bateau”, ajoute-t-il dans une allusion à la prestigieuse renommée du trois-mâts construit en 1896.

Le Belem, baptisé du nom d’un port brésilien, a effectué trente-trois campagnes commerciales de 1896 à 1914. Transformé un temps en yacht de luxe, il a été racheté par l’Union nationale des Caisses d’Epargne, qui au travers de la Fondation Belem, en a fait un navire-école civil accueillant des stagiaires au cours de longues traversées transatlantiques ponctuées d’escales historiques et symboliques.

Ce dernier trois-mâts barque français en état de naviguer est l’unique miraculé de l’éruption de la Montagne Pelée en 1902 à la Martinique, qui avait tué 28.000 personnes et envoyé par le fond tous les navires mouillés dans la baie de Saint-Pierre.

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Article Télégramme de Brest :

Jeudi 3 octobre 2002
Collision. Le Belem réparé à l’arsenal de Lorient

Le Belem, éperonné lundi soir par un chalutier basque (Le Télégramme d’hier), a rejoint hier matin l’un des bassins de l’arsenal de Lorient (56). Le colmatage des brèches, situées au-dessus de la ligne de flottaison, a débuté hier après-midi. Cette réparation provisoire devrait s’achever demain. Le célèbre navire-école devrait ensuite appareiller vers Nantes.
Le trois-mâts subira des travaux plus poussés à la mi-novembre à l’occasion de l’arrêt technique prévu de longue date.
Egalement endommagé lors de la collision, le Thétys [orthographe exacte Tethys], le chalutier basque immatriculé à Bayonne, est en cours de réparation au port de pêche de Lorient.
Quant aux enquêteurs de la gendarmerie maritime, ils poursuivaient hier les auditions des équipages afin d’éclaircir les circonstances de cet accident survenu en pleine nuit au large de l’île de Groix.

[source Le Télégramme].

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Photographies de Marie Belzic, réparations provisoires à Lorient :
Jeudi 3 octobre 2002.

Collision Belem

Collision Belem

Collision Belem

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